mercredi 12 mars 2014

Nakhana-photographe

 



_ Pouvez-vous vous présenter ? 

Je m'appelle Laureline, j'aurai 21 ans dans trois jours et je suis ce qu'on appelle assez pompeusement "photographe autodidacte", ce que sont en réalité l'immense majeure partie des photographes amateurs. Je fais donc partie de cette large vague de jeunes adultes ayant un peu au hasard empoigné un appareil photo qui ne les a, dès lors, plus lâchés !







_ Depuis quand êtes vous passionnée de photographie ? Pourquoi ?

On m'a offert mon premier appareil il y a cinq ans, et j'ai immédiatement commencé à prendre en photo les jeunes filles de ma classe. Au départ, j'aimais simplement l'idée d'immortaliser cette année passée avec elles (en plus des petits bidouillages que je faisais pour moi), et puis j'avais en tête les images d'Anaïs Novembre, que je connaissais bien, et de Niiv, que j'admirais éperdument. C'est environ un an et demi plus tard que je me suis mise à élaborer des séances plus pensées, plus travaillées, sans toutefois toujours m'inscrire dans un acte véritablement "artistique". Et puis petit à petit, au fil des rencontres et des prises de vue, je me suis rendue compte que la photo avait pris une place très importante dans ma vie, que j'aimais ça, et qu'il m'était désormais plus aisé d'attraper mon appareil pour une séance improvisée que de prendre mon crayon et de dessiner (parce qu'en effet, je gribouillais avant d'appuyer sur le déclencheur).







Ce qui me plait avant tout en photographie, c'est l'imprévisible. J'aurais beau avoir tout préparé, calculé, schématisé à l'avance, je ne peux jamais savoir comment va réellement se dérouler une séance et ce qu'il va se passer entre moi et le modèle. Il m'est arrivé de penser faire le shoot de ma vie et de ne revenir qu'avec des désillusions, d'autres fois de partir pour une petite séance improvisée et de rentrer avec une de mes meilleures images. C'est parfois frustrant, mais la plupart du temps j'adore cette part laissée au Hasard.










_ Que souhaitez-vous transmettre à votre public ?

J'ai récemment fait une série "Nunca Màs", contre la loi anti-avortement  qui menaçait l'Espagne. Je pense que le message était ici limpide, et c'était la première fois que je faisais une série avec une revendication claire et militante, une série qui disait quelque chose du monde réel. Pour tout le reste (et c'est ce dans quoi je suis le plus à l'aise), il s'agit plutôt de transmettre une émotion, une idée ou un morceau de songe. Je ne fais que tenter d'illustrer les histoires fantastiques qui m'animent, et ce que je peux souhaiter de mieux c'est que les images qui en ressortent fassent naître d'autres histoires, modelées à la fantaisie et à la convenance de ceux qui regardent...







_ Comment définiriez-vous votre univers ?

Question difficile ! Je pense que Sombre convient bien, c'est le mot qui ressort le plus souvent lorsqu'on me fait des retours sur mon travail. A noter qu'à mon sens, l'Obscur n'implique pas forcément le mauvais, mais plutôt des notions de Mystère, de Secret et de Silence qui sont très chères à mon imaginaire. J'ai été (et continue d'être) également fortement influencée par différents mythes, en particuliers ceux venus des Celtes et des Nordiques, mais aussi par tout ce qui touche à la magie noire comme on peut l'imaginer dans les rites Vaudous.







_ Comment choisissez-vous une photo ? Comment fonctionnez-vous pour garder une image ? 

Ce n'est pas toujours facile, mais j'essaie de fonctionner le plus possible à l'instinct, en laissant un peu de côté les erreurs techniques (qui sont souvent légion). Une fois revenue d'une séance, je regarde plusieurs fois chacune des images en supprimant les moins réussies, et en général il finit toujours par y en avoir une ou deux qui surgissent parmi les autres et qui les surpassent clairement à mes yeux. Le choix est alors très vite fait !







_ Selon vous quelle est votre meilleur photographie ? Pourquoi celle-ci ? 

 Je pense qu'il s'agirait de The Ritual, avec Ysambre et son formidable masque. C'était un petit hasard que les flous d'arrière plan soient si beaux et le reste si net car à l'époque j'avais un vieux 50mm sans autofocus qui fatiguait et qui me jouait souvent des tours, et j'ai été véritablement surprise en rentrant chez moi et en la regardant sur grand écran. Elle représente également très bien mon univers, que ce soit au travers des os du premier plan et de l'étrangeté qui en ressort ou du cadrage penché (j'ai une réelle pathologie du cadrage penché, que je soigne tant bien que mal).






_ Lorsque vous-prenez des photos, privilégiez-vous la technique ou le ressenti ?

Comme dit plus haut, j'essaie de privilégier le ressenti. Ce serait mentir que de dire que je ne recherche pas certaines finesses techniques particulières, mais étant loin d'être une professionnelle je préfère, par goût et par capacité, me focaliser sur les émotions que transmettent les images. Et puis j'apprécie l'échange qu'il y a avec les modèles, peut-être que trop privilégier la technique tuerait un peu la spontanéité de certains moments... Je ne sais pas. Disons que le ressenti m'importe plus que la technique, mais que la technique aide parfois (peut-être même souvent) à magnifier le ressenti.

 
_ Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant se lancer dans la photographie ? 

Je ne suis pas sûre d'être extrêmement bien placée pour donner des conseils, mais je pense que s'il y a une chose d'importante, en photo comme dans la vie en général, c'est précisément et simplement de se lancer. N'ayez pas peur de rater, lancez-vous ! Il y aura des gens pour vous aider à avancer, des critiques parfois difficiles à entendre mais très constructives et des petits compliments qui illumineront des journées entières. Je pense que tant que le goût réel pour ce que vous faites est là, le reste suivra forcément :)








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