lundi 10 mars 2014

Remy Perthuisot - Photographe



-Pouvez-vous vous présenter ?

Voilà un exercice toujours un peu difficile, se présenter en quelques mots. Je fais de la photographie depuis bien longtemps maintenant (depuis les années 90) mais pas avec autant d'intensité que depuis ces dernières années – 2008 – où je suis passé professionnel. Mon plus gros cursus universitaire est un parcours d'histoire de l'art, spécialisé en art contemporain et en photographie contemporaine, preuve que l'image et l'art ont toujours été pour moi des éléments importants de ma vie. Aujourd'hui je vis de la photo, on me colle des étiquettes de portraitistes, de photographes de sports féminins et artistiques, de danse. Mais je peux répondre parfois à des commandes plus variées. Dans mes travaux personnels, je tente d'écrire des histoires avec mes images, de raconter des choses que je ressens ou que je vois. Je suis très obsédé par le fantastique et le mystique, c'est une forme de questionnement de la réalité qui pousse à s’intéresser métaphoriquement à tous les aspects de la vie, aux rapports humains, au monde, à nos états d'âmes...



- Comment en êtes-vous venu à la photographie ?

Si l'on remonte à mes tous débuts lorsque que j'étais au lycée, c'est le dessin et la peinture. Depuis tout petit j'ai toujours adoré dessiner, pour moi la photo c'était un prolongement naturel à cet idée de vouloir saisir un visage, une expression, un moment, une lumière bien plus facilement et rapidement que le dessin. Je n'avais pas d'ambition d'être professionnel, c'était – et ça reste avant tout même aujourd'hui – une passion. Je n'ai pas chercher à gagner ma vie avec cela, ce n'est qu'au hasard des rencontres, il y a relativement peu de temps (2008) qu'à l'occasion d'une travail en image avec le milieu du sport de haut niveau (l 'équipe de France de natation synchronisée en premier lieu) que mon travail fut remarqué et que les commandes se sont mises à affluer.




_ Privilégiez-vous la technique ou le ressenti ? Pourquoi ?

Ça c'est une question qu'on ne se pose pas assez souvent à mon sens en photographie, le ressenti – et c'est mon avis personnelle – est bien plus important que toute technique MAIS – et j'insiste que c'est un GROS « mais » car sans technique on est incapable parfois de gérer au mieux la manière dont on va exprimer ce ressenti. Il est donc important d'avoir un minimum de technique. L'émotion par contre c'est l'essence même du travail, la photographie est un art d'expression, on donne à voir quelque chose qui a été un instant devant nous, cette chose nous a plus ou moins marqué et on a choisit de la retranscrire de telle ou telle manière. Toute photographie ne doit pas forcément avoir un message à délivrer, mais elle doit au moins avoir un sens qui bien souvent passe par un ressenti. Moi, je raconte des histoires, dans des histoires on passe par une multitude de ressentis, je vais donc privilégier cet aspect là.



 _ Quellzs sont les qualités d'un bon photographe selon vous ?

A cette question je réponds souvent ces trois choses : La curiosité, la sensibilité la modestie.

_ Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Elles sont multiples, la musique, le cinéma, la littérature, la poésie, d'autres images, mes rêves, les discussions avec mes amies (je mets un « e » car je suis souvent plus inspiré par mon entourage féminin et notamment les jeunes filles qui travaillent avec moi).




 


_ Selon vous, qu'est ce que vous pourriez améliorer dans votre travail ? 

Énormément de choses ! Je suis un perpétuel insatisfait, j'ai l'impression de manquer de technique, de profondeur, je manque de temps pour vraiment développer de vrais projets narratifs plus complet. Je suis peut être trop perfectionniste, je suis très content de voir que mon travail peut plaire comme ça, mais j'ai l'impression – et tant mieux – que je dois essayer de faire encore mieux !







_ Qu'est ce qui fait selon vous un bon modèle ? Comment les choisissez-vous ?

Je ne saurai pas vraiment dire ce qui fait un bon modèle. Je travaille  assez à part de ce que côté, comme pour beaucoup ça part souvent d'un coup de cœur visuelle, soit par rencontre, soit dans les amies de mes amies, soit maintenant via les demandes que je reçois sur les réseaux sociaux (mais je reçois tellement de demandes via ce biais que ça en fait presque peur et je ne peux vraiment pas répondre à tout le monde). Si je ne suis pas inspiré par mes modèles j'aurai du mal à les mettre en scène, et ensuite ça se prolonge assez souvent en un belle histoire d'amitié. Je travaille en général sur le long terme, mes modèles revienne plusieurs fois, participent aux projets, certaines depuis plusieurs années maintenant, ça créé des liens forts et très agréables. J'aime beaucoup les gens sensibles, créatifs eux aussi, ouvert et passionnés d'art, un peu rêveur et un goût pour le fantastique et le mystique comme moi.







_ Comment se passent vos séances ? Êtes vous du genre à improviser ou planifiez-vous à l'avance ?


Les deux, je prépare de plus en plus pour certains projets narratifs où je voudrai illustrer des légendes, des histoires imaginées, mais je laisse toujours une part non négligeable à l'improvisation, c'est plaisant. En général les séances sont prévues autour d'une certaine thématique ou dans le prolongement d'un thème, le lieu et les accessoires repéré à l'avance. C'est très souvent des bons moments, tout en fous rires, moments de partage, confidence, discussions et expérimentations.






 
_ Pouvez-vous nous parler de vos projets ?


 J'ai dans l'idée de mettre en scène au moins deux grandes histoires cette années, des sortes de romans photos fantastique, l'un des deux est bien avancé, l'histoire écrite depuis un certain temps, le deuxième est en préparation. Ça parlera de créature magique, de fantastique, de sorcellerie et ça sera assez lié au temps présent malgré tout. J'espère mélanger les médiums dans ces projets, aussi bien la photo, que la vidéos, l'écriture, le dessin même peut être...







_ Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant se lancer dans la photographie ?

Ne pas avoir peur de se lancer dans ses projets, d'y investir du temps du travail, et être patient, rester ouvert et curieux. Si c'est pour en vivre malheureusement il faut bien prendre conscience que c'est loin d'être simple, qu'il faut – comme tout corps de métier – passer du temps à développer un réseau, un savoir faire, une ouverture et une identité visuelle avant vraiment de pouvoir en vivre.

Un grand merci pour cette interview, et un grand bravo pour la qualité du site ! C'est une mine fantastique – dans tous les sens du terme – d'inspiration !




Encore de nombreuses photos à découvrir de ce riche univers (et en bien meilleur qualité) sur :
Le 500 px
Le site

Et pour suivre les nouveautés,
Le facebook


1 commentaire:

  1. Juste magique cet interview ! Le travail de Rémy Perthuisot est formidable, chaque jour je me régale à observer ces photos et illustrations illusoires et fantastiques. De sincères félicitations ! J'ai actuellement 17 ans, et rêve d'acquérir un travail comme le sien un jour, pour l'instant je ne suis que débutante (ChloéL Photographies). Bonne continuation !

    RépondreSupprimer