vendredi 8 août 2014

Sophie Narsès - Photographie



Pouvez-vous vous présenter ?

La prairie de Laine

 Bonjour à tous, je m’appelle Sophie, j’ai 23 ans. J’ai la chance de vivre depuis toujours dans les Alpes, et suis profondément imprégnée de nature. Je suis photographe autodidacte et suis professionnelle depuis 2 ans. J’ai fait des études en vidéo, et me lancerai plus précisément dans cet art quand je pourrai d’avantage investir dans du matériel. Je travaille avec un Canon 5D mk II et parfois mk III . 

Qu'est ce qui a éveillé en vous l'intérêt pour la photographie ? 

Mon père, grand passionné et amateur confirmé de photo argentique puis numérique m’a photographiée depuis mon plus jeune âge. C’est à l’adolescence que je décide de lui emprunter son matériel. A l’époque n’ayant pas le permis de conduire et habitant en campagne, j’ai du temps pour mes errances et expériences photographiques. Parallèlement, je passe de longues heures sur photoshop et sans le savoir me forme à ce qui plus tard sera ma vie.





Comment définiriez-vous votre univers ? 


L'origine des Brumes
Je définirai mon univers comme onirique et poétique.

Ma vision de l’art photographique n’est pas purement  technique, c’est un moyen, pas une fin. Un langage. Se sentir comme en écoutant une musique ou en lisant un poème : les frissons, le cœur qui bat plus fort… Un exutoire qui me permet d’exprimer mes souffrances et mes peurs mais aussi mes envies colorées et fantastiques. Mes photographies sont à l’image de mon atmosphère intérieure, elles sont le reflet d’un constant questionnement.

J’ai fait pendant des années un travail axé sur la nature : paysages et macrophotographie. Depuis décembre dernier, je me suis lancée dans la mise en scène avec modèles. J’avais besoin d’expérimenter de nouvelles choses et de prendre du recul face à mon travail en nature.
En tous cas, mon univers reste en connexion avec les éléments de la terre et de l’imaginaire.



Comment se passent vos séances ?


Danse avec Horus
Souvent, j’imagine des scènes, via mes lectures ou pensées abstraites et je compose avec les éléments dont je dispose. Parfois je n’ai pas tous les « ingrédients » alors je passe des annonces et à force de bouche à oreilles ou de chiner dans des brocantes, je trouve mon bonheur.

Pour les modèles je sais exactement quels profils je recherche, je choisis donc par coups de cœur. Je n’ai pas d’exigences concernant l’expérience des modèles, j’aime la spontanéité des novices et l’efficacité des plus professionnelles. Cela me fait rencontrer beaucoup de personnes de la France entière qui ont des goûts et univers semblables au mien. C’est à chaque fois très enrichissant.

Concernant les tenues (à chaque fois incroyables), j’ai commencé en travaillant avec la formidable Argothe Couture plus pour rigoler qu’autre chose, puis nous sommes devenues amies et ça a pris des proportions plus sérieuses. Avec le temps, je me suis ouverte à d’autres collaborations avec des créateurs de la France entière et Belgique. J’ai la chance de manipuler des tenues de rêve, si j’avais su adolescente que je ferai ça un jour, je ne l’aurai pas cru. C’est le rêve de tellement de jeunes filles…

Pour le choix des lieux, j’ai la chance d’habiter avec mon compagnon dans un petit chalet de moyenne montagne dans les Bauges. Nous sommes entourés de prairies fleuries, monts, rivières, cascades et forêts. Un terrain de jeu en constant évolution avec les saisons et très peu fréquenté. Je passe des heures à explorer chaque coin et pousser jusqu’au bout de chemins pas toujours accessibles. Demandez à mes équipes, ils me maudissent parfois !

Enfin, pour les animaux, car c’est ce qui fait je crois ma touche en plus, ce sont des heures de recherches et de démarches. J’ai la chance de monter à cheval depuis l’âge de 4 ans, ce qui me permet d’avoir de bonnes relations avec les propriétaires et paysans du coin. Pour les bêtes un peu plus extraordinaires, cela se fait par mon réseau… Travailler avec un animal est le plus grand défi dans mes images. Ils sont si imprévisibles, il faut être très patient. Mais quel plaisir!

Bref gérer tout ça est un vrai travail, j’apprécie beaucoup l’aide de mes assistants sur les shoots.







La biche au Bois

Êtes-vous du genre à improviser ou planifiez-vous tout à l'avance ? 


Tous ceux qui ont travaillé avec moi vous le diront, j’aime les choses organisées. Je trouve qu’il est plus simple de faire un travail propre si le stress n’est pas de la partie. De plus quand on travaille sur certains shoots avec une équipe de 5-10 personnes, cela est indispensable. Quand je parle d’organisation, je parle évidement des grandes lignes, car j’aime aussi laisser une part d’improvisation et de spontanéité.









Comment choisissez-vous une photo après un shoot ? Comment décidez-vous de quelle image garder ? 


La fileuse de destin



 Le coup de cœur. Parfois je choisis des images qui surprennent par leur technique (non conventionnelle), mais qui envoutent pour leur émotion. Parfois c’est quand la modèle se recoiffe et qu’elle ne « pose » pas. Aussi parfois il y a tout qui est réuni sauf la robe qui est mal mise, ou les yeux fermés, ou l’animal qui ne regarde pas, là je suis triste ! Parfois c’est rattrapable, d’autres non.

Je sélectionne entre 7 et 10 images par série en moyenne. Il faut qu’il y ait une cohérence entre elles, un fil conducteur.

Je ne cache pas qu’il y a de la post-production sur mes images, mais cela reste dans la mesure du raisonnable (sauf une ou deux exceptions). Je cherche surtout à reproduire une ambiance, je ne rajoute pas d’éléments qui ne sont pas issus du shoot (c’est pourquoi je passe beaucoup de temps à réunir les accessoires et trouver les bons lieux.) L’exemple flagrant qui me vient à l’esprit est la photo « Enchantement » avec Mejika et le cerf. J’ai utilisé un 85mm F/1.2 pour cette image (donc beaucoup de flou.. effet non commun pour un objectif non commun) et tout le monde a cru que j’avais rajouté le cerf... J’ai le RAW à l’appui qu’il était bien réel ainsi que le backstage !





Quelles sont selon vous, les qualités d'un bon photographe ? 


Le petit Chaperon Rouge


 C’est difficile à dire. Je pense qu’avant tout un bon photographe à de la personnalité et assume ses choix photographiques. Il est patient, curieux, respectueux de son environnement, humble et surtout doit ressentir ses images avec émotion et non pas créer « à la chaine » car cela bloque l’imaginaire. Il faut se donner entièrement, on ne peut pas être faignant quand on est photographe je pense !







Quelles sont vos sources d'inspiration ? 


La Sylve d'Egeria
C’est tellement étendu… J’aime le travail d’énormément de photographes : Alexandre Deschaumes, Katerina Plotnikova, Anaïs Novembre, Julie de Waroquier, Au contraire photography, Bastien Riu, Samantha Meglioli, Raphaelle Monvoisin, Lorelyne Photographies… et ce n’en est qu’un mince exemple. Cependant mes inspirations se portent plus vers la musique (Sigur Rós, Eluveitie, Faun, Wardruna, Ludovico Einaudi, BO de films …), le cinéma/ littérature (Évidemment, je suis imprégnée de l’univers de Tolkien, un vrai magicien… J’aurai aimé vivre dans une de ses histoires) et la peinture. Voilà quelques années que je me passionne pour les univers médiévaux, celtiques et fantaisie. J’aime toute cette féérie qui s’en dégage que ce soit de la plus jolie légende à la plus sombre histoire.
Cependant, la véritable inspiration, n’est pas issue que du travail des autres mais bien d’un fort ressenti intérieur. Une communion extrême entre l’âme et les éléments. L’inspiration, c’est le vent, la terre, les senteurs, les poils qui s’irisent, la gorge nouée par la beauté… Ca ne s’explique pas… ça se vit.

L’inspiration, c’est la jeune femme qui remet sa mèche de cheveux, qui a les yeux perdu dans d’autres contrées, la couleur de sa chevelure qui luit dans la lumière, son sourire spontané au contact du ruisseau gelé…

Il faut une certaine condition mentale et des éléments pour accéder à cette dimension.  L’inspiration est si… aléatoire !

J’ai eu un moment de flottement il n’y a pas si longtemps, car j’ai voulu en faire trop « pour faire plaisir ». De plus en plus de séances sans animaux (au bout d’un moment ça s’épuise), qui m’évadaient de moins en moins, sans recherche approfondie et dans des lieux de plus en plus communs. J’ai su arrêter ça à temps je pense, car cela était en train d’empiéter sur mon travail payé et sur ma vie privée, même si cela restait des moments agréables. En ce moment, je me re-centre, j’en fais moins et je fais mieux. Maintenant, je propose également des shoots mis en scènes pour les particuliers.


Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant se lancer dans la photographie ?


Soyez vous-même. Faites ce qui VOUS plais et inspire. N’écoutez pas les critiques non constructives. Mettez-y votre cœur, votre âme. Prenez tout ce qui vient à vous, et saisissez chaque occasion de progresser. En photographie, on n’atteint jamais de niveau maximal selon moi, on peut toujours faire mieux. N’hésitez pas à passer beaucoup de temps à tester et apprendre. Avec des bases solides vous irez loin ;) ! Ne faites pas ce qui a déjà été fait, inventez votre dimension.





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The Last Road • Viaduc de Morez

1 commentaire:

  1. merci de m' offrir tant d univers differents, ton travail est juste magnifique, et j espere que cela durera longtemps!!

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